Santé Montréal

Foire aux questions

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Les données recueillies sur le territoire de l’île de Montréal ont montré que le plomb dans l’eau du robinet de certaines résidences peut dépasser la norme québécoise (10 microgrammes par litre (10 µg/L) après 5 minutes d’écoulement) (Règlement sur la qualité de l'eau potable

Après avoir analysé les données de plomb dans l’eau potable, la Direction de santé publique de Montréal considère que :

Le risque à la santé est faible et limité aux femmes enceintes (pour l'enfant à naître) et aux enfants de moins de 6 ans qui habitent une résidence de moins de 8 logements construite avant 1970 et reliée au réseau d'aqueduc municipal par un raccordement en plomb. En effet, ces enfants pourraient avoir un niveau de plomb dans le sang un peu plus élevé que le niveau moyen actuel des enfants québécois, mais moindre que celui de leurs parents lorsqu'ils étaient enfants.

Afin de réduire au minimum ce faible risque à la santé pour les enfants, les femmes enceintes ainsi que les parents d'enfants de moins de 6 ans peuvent :

  • Utiliser un pichet filtrant, filtre attaché au robinet ou un filtre installé sous l'évier qui sont certifiés NSF/ANSI no 53 pour la réduction du plomb (indiqué sur l'emballage) et disponibles dans les quincailleries et certains magasins à grande surface, ou
  • Consommer de l'eau embouteillée

Cette précaution serait tout particulièrement pertinente pour les bébés alimentés avec des préparations commerciales de lait reconstitué avec de l'eau (lait concentré, lait en poudre).

De cette façon l'exposition de ces enfants à toutes les sources de plomb ne sera pas plus élevée que celle des autres enfants québécois.

Sur son site Internet, la Ville de Montréal recommande également des gestes simples à intégrer à nos habitudes quotidiennes qui permettent de réduire notre exposition au plomb via l’eau potable :

  • Laissez couler l'eau du robinet quelques minutes après qu'elle soit devenue froide (fraîche l'été) avant de la boire, surtout si elle a séjourné de longues heures dans les tuyaux (comme le matin ou au retour du travail). 
  • Après avoir laissé couler l’eau du robinet, remplissez un pichet que vous pouvez conserver au réfrigérateur quelques jours pour consommation. 
  • Utilisez toujours l'eau froide pour la consommation directe ainsi que pour la préparation des aliments, du lait reconstitué et des boissons (y compris l'eau pour la cuisson)
  • Enlevez régulièrement les débris qui peuvent s'accumuler dans les aérateurs (petit tamis) des robinets. 

L'eau potable produite et distribuée par les réseaux municipaux de l’île de Montréal ne contient pratiquement pas de plomb et est conforme à la réglementation québécoise. Ses caractéristiques physiques et chimiques ne favorisent pas la dissolution du plomb dans l’eau. Cependant, lorsque l’eau circule dans un raccordement en plomb présent entre certaines maisons et le réseau d’aqueduc municipal, elle peut se charger en plomb (Figure 1). L’eau chaude ainsi que l’eau qui n’a pas coulé depuis longtemps (le matin ou au retour du travail) ont tendance à contenir des concentrations plus élevées de plomb.

Figure 1. Le raccordement entre la maison et le réseau d’aqueduc municipal comporte deux sections : une section privée située entre la maison et le robinet de service (sous la responsabilité du propriétaire de la résidence) et une section publique située entre le robinet de service et le réseau d’aqueduc municipal (sous la responsabilité de la municipalité).

La présence de soudures en plomb dans la tuyauterie intérieure en cuivre ne peut pas, à elle seule, entraîner le dépassement de la norme de 10 µg/L de plomb après 5 minutes d’écoulement sur l’île de Montréal.

Les citoyens montréalais qui désirent savoir si leur raccordement au réseau d'aqueduc municipal peut être en plomb peuvent communiquer avec le 311 ou consulter le site Internet de la Ville de Montréal. Les citoyens des autres villes de l'île de Montréal peuvent communiquer avec le service des Travaux publics de leur municipalité.

Chez les jeunes enfants, les effets du plomb sur la santé associés au dépassement du seuil de plombémie considéré élevé par la santé publique (100 microgrammes par litre de sang ou 100 µg/L de sang) seraient de nature neuro-comportementale (diminution de la capacité d’apprentissage et du développement intellectuel de l’enfant). Or, la DSP estime que les niveaux moyens de plomb dans le sang des enfants qui habitent une maison avec un raccordement en plomb sur l'île de Montréal et qui boivent l’eau du robinet ne dépasseraient pas 100 µg/L de sang, à moins qu’ils soient exposés à d’autres sources importantes de plomb (Tableau 1 -  Question 5). D’ailleurs, on n’a jamais rapporté une telle plombémie associée à la présence de plomb dans l’eau potable sur l’île de Montréal.

Les bébés ont une sensibilité accrue aux effets toxiques du plomb et ils peuvent être plus exposés que les enfants plus âgés, notamment s’ils sont nourris avec des préparations commerciales de lait reconstitué avec l’eau du robinet (lait concentré, lait en poudre).

Les jeunes enfants y sont aussi vulnérables compte tenu du fait qu’ils absorbent plus efficacement le plomb que les adultes, qu’ils sont sujets aux carences alimentaires qui favorisent l’absorption du plomb et qu’ils sont plus sensibles sur le plan hématologique (sang) et neurologique que les adultes.

Le foetus est considéré plus vulnérable car, durant la grossesse, une partie du plomb accumulé par la mère traverse la barrière placentaire pour atteindre le fœtus. Cependant, la mère devrait elle-même avoir une plombémie élevée pour que le risque soit important pour le fœtus.

Quant aux femmes qui allaitent, elles ne sont pas visées par le message de santé publique puisque la quantité de plomb présente dans le lait maternel ne constitue pas un risque pour la santé de leurs bébés.

Non. Compte tenu des niveaux de plomb mesurés dans l’eau du robinet de ce type de maisons sur l’île de Montréal, il n’y a pas lieu de faire mesurer le plomb dans le sang de votre enfant, à moins qu’une autre source importante de plomb soit présente dans leur environnement (Tableau 1).

Tableau 1. Sources d’exposition au plomb les plus communes

Reliées au travail


  • chantier naval
  • fabrication et recyclage de batteries
  • milieu de la construction/rénovation
  • industrie du plastique
  • industrie du verre
  • instructeur de salle de tir et activités liées au tir 
  • industrie du plomb
  • réparation d’automobiles 

Reliées à l’environnement


  • rénovations entraînant la production de poussières ou de vapeurs de peinture au plomb
  • sols et poussières de maisons dont la peinture au plomb est endommagée
  • présence de tuyaux en plomb 

Reliées aux loisirs


  • glaçage de poterie
  • tir en salle
  • préparation de balles en plomb ou de plomb de pêche
  • fabrication de vitraux
  • rénovation impliquant des travaux sur de vieilles peintures au plomb
  • restauration de meubles impliquant des travaux sur de vieilles peintures au plomb
  • peinture artistique avec des pigments de plomb
  • réparation d’automobiles ou de bateaux 

Reliées aux produits de consommation


Non. Nous sommes actuellement beaucoup moins exposés au plomb que par le passé. En effet, au cours des dernières décennies, l’application de normes plus restrictives a permis d’éliminer pratiquement tout le plomb de l’essence, des boîtes de conserve alimentaire, de la peinture, des soudures de plomberie et des autres matériaux.
Par exemple, durant les années 1970, les préparations commerciales de lait « prêt à servir » contenu dans les boîtes de conserve ayant des soudures au plomb contenait une concentration moyenne de plomb de 70 µg/L comparativement à la norme québécoise actuelle de 10 µg/L dans l’eau potable; aujourd'hui les soudures en plomb ne sont plus permises dans les boîtes de conserve destinées aux produits alimentaires. De même, les concentrations moyennes de plomb dans l’air ambiant ont diminué de 97% au cours des 40 dernières années, passant de 70 µg/m³ en 1970 à moins de 0,01 µg/m³ en 2008.
Ces nouvelles normes ont permis de réduire considérablement l’exposition de l’ensemble de la population québécoise au plomb : les niveaux de plomb dans le sang des enfants ont, par conséquent, diminué de la même façon passant de presque 200 µg/L de sang en 1972 à environ 20 µg/L de sang aujourd’hui (Figure 2).

 

Figure 2. Diminution du niveau de plombémie des enfants de moins de 6 ans entre 1970 et 2010

Les personnes qui habitent une maison avec un raccordement en plomb peuvent choisir d’utiliser un pichet filtrant, un système de filtration de l’eau du robinet qui s’installe au robinet ou sous l'évier afin de réduire les concentrations de plomb de l’eau du robinet (Figure 3). Il est recommandé de choisir des produits certifiés NSF/ANSI no 53 pour la réduction du plomb. Ces produits sont disponibles dans les quincailleries et certains magasins à grande surface. Les informations concernant la certification pour la réduction du plomb doivent être indiquées sur la boîte d’emballage de ces produits.

Il est très important de suivre fidèlement les recommandations du fabricant quant à l’installation et à l’entretien de ces filtres. En effet, ces filtres sont certifiés pour la réduction du plomb, mais ils n’éliminent pas les bactéries. De plus, on doit respecter avec rigueur la fréquence de changement des filtres.

 

Figure 3. Exemple d’un filtre attaché au robinet

La Ville de Montréal et les villes liées concernées (Côte Saint-Luc, Hampstead, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal et Westmount) se sont engagées à éliminer, sur une période de 20 ans, la section publique des entrées de service d’eau en plomb sur le territoire de l’île de Montréal et à encourager les propriétaires à changer leur section privée.

En effet, il faut remplacer tout le raccordement en plomb, c’est-à-dire la section privée située entre la maison et le robinet de service (sous la responsabilité du propriétaire de la résidence) et la section publique située entre le robinet de service et le réseau d’aqueduc municipal (sous la responsabilité de la municipalité) afin d’être assuré de régler définitivement les dépassements de la norme de plomb dans l’eau du robinet (Figure 1 - Question 1).

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Éditée par : Santé publique.
Dernière mise à jour le : 2018.06.13