Santé Montréal

Information générale

Un épisode de froid extrême ou froid intense correspond à une période de temps où les températures descendent significativement en-dessous des normales (Santé Canada, 2015).  À la température vient s’ajouter le vent qui vient aggraver l’effet des basses températures  (refroidissement éolien).  En conséquence, les épisodes de froid extrême sont un danger pour la santé des populations vulnérables (CDC, 2015).

Effets sur la santé

Le froid peut avoir des effets nocifs sur la santé. L’être humain se protège contre le froid en adoptant des comportements spécifiques (se vêtir correctement, se mettre à l’abri), mais surtout grâce à la capacité du corps (système thermorégulateur) de garder sa température interne stable quelle que soit la température du milieu ambiant. Les mécanismes de thermorégulation déclenchés par le froid impliquent différents organes et systèmes notamment les systèmes nerveux, endocrinien, cardiovasculaire et respiratoire. Toutefois, des effets néfastes pour la santé apparaissent si ce système thermorégulateur est déficient ou si les températures sont trop basses. Ainsi, le corps perdra sa chaleur plus rapidement qu’il n’arrive à en produire.

Le froid provoque de façon directe des engelures et de l’hypothermie. En effet, le froid provoque une anesthésie ou une perte de sensation locale. On parle d’engelures lorsque la peau devient jaunâtre ou blanchâtre aux extrémités (mains, pieds, nez), et d’hypothermie lorsque la température interne du corps chute sous 35°C. L'hypothermie provoque une sensation de froid et des frissons persistants qui, si l’exposition se prolonge, peuvent être suivis de sensations d’euphorie, d’ivresse, de désorientation et de confusion pouvant conduire au coma, et finalement au décès.

Ces effets peuvent être accélérés par le refroidissement éolien (facteur vent) qui vient baisser la température ressentie par le corps. Une personne forme une couche d'air à la surface de sa peau grâce à son métabolisme interne. Exposé au vent, le corps perd cette couche d’air protectrice et amène en permanence de l'air à température ambiante au contact de la peau. Plus la température de l’air ambiant est basse et plus l'impact du vent sur la température perçue par le corps humain est grand.

Tel qu’on peut le voir au tableau suivant, on estime qu'à -20 °C, un vent de 20 km/h fait baisser la température perçue par le corps de 10 °C, soit l'équivalent d'une température de -30 °C par temps calme (sans vent). À l’analyse du tableau, on peut constater que le risque d’engelure débute à une température de -27°C par temps calme mais  à -15°C lorsque la vitesse du vent atteint les 40 km/h.

» Cliquer sur l'image pour agrandir ou télécharger le tableau en format pdf

Facteurs de risques et populations à risque

Toute exposition prolongée à des températures très basses (incluant le refroidissement éolien) constitue le principal facteur de risque pour la santé.  Dans un tel contexte, les personnes les plus vulnérables sont sans contredit :

  • les itinérants qui sont sans abri et souvent mal vêtus;
  • les sportifs insouciants du danger;
  • les travailleurs à l’extérieur (ex. employés de la construction,…).

De plus, certains facteurs individuels rendent des groupes de la population particulièrement à risque lors d’épisode de froid intense.  Parmi ces groupes à risques, mentionnons :

  • les personnes âgées en raison de la diminution de leur métabolisme de base, d’une mauvaise perception du froid et de maladies chroniques sous-jacentes ;
  • les nourrissons en raison d’une régulation thermique moins efficace (ratio surface corporelle/masse plus élevé) que celle des adultes ;
  • les personnes souffrant de maladie chroniques, tel que les problèmes cardiovasculaires, respiratoires (y compris l’asthme), psychiatriques, de démences et de la maladie d’Alzheimer.

À cela s’ajoute les facteurs de risque sociaux, tel que l’isolement, la pauvreté (manque de chauffage et malnutrition) et l’alcoolisme.

Panne électrique : un facteur aggravant

À Montréal de nombreux système de chauffage résidentiels dépendent de l’électricité pour fonctionner.  Si le système de chauffage cesse de fonctionner, la résidence commencera tout de suite à se refroidir. Une maison adéquatement isolée non chauffée perd en moyenne 1 degré Celsius par heure. En présumant que la température à l’intérieure  de la maison se situe à environ 20°C, il n’est pas surprenant de penser que durant les premières heures suivant la panne, la température intérieure baissera rapidement à 15° C. Par la suite, il faudra plusieurs heures avant qu’une maison non chauffée devienne trop froide pour être confortable. Ainsi, une panne d’électricité prolongée par période de grand froid pourrait éventuellement poser un risque d’hypothermie. Toutefois, une personne avec un comportement adapté (port de vêtements appropriés, portes et fenêtres gardées fermées) pourrait passer une nuit sans chauffage dans une maison adéquatement isolée.

Un autre risque associé à une panne électrique prolongée, est le recours à des moyens de chauffage d’appoint  ou autres moyens de chauffage non électrique, tels qu’entre autres, les fournaises au mazout, les foyers au bois, les poêles à combustion lente ou les chaufferettes au propane. L’utilisation de tels moyens  pourrait  mettre en danger la santé et la sécurité des personnes suite à des risques d’incendies où d’intoxication au monoxyde de carbone.

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Éditée par : Santé publique.
Dernière mise à jour le : 2018.06.13