Santé Montréal

Jardins communautaires - Sols contaminés

Information générale

Contamination des sols des jardins communautaires

Entre 2006 et 2009, la Ville de Montréal et ses arrondissements ont fait mesurer les concentrations de métaux, d’hydrocarbures pétroliers et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques des sols de leurs jardins communautaires et ont demandé à la Direction régionale de santé publique (DRSP) s'il était approprié de continuer à cultiver des légumes dans ces jardins.

Au Québec, il n'existe pas de critères (valeurs limites) concernant spécifiquement la culture de légumes dans un potager, mais les niveaux de contamination des sols des terres agricoles sont généralement inférieurs aux critères A de la Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Il existe également des critères B qui représentent les concentrations maximales acceptables pour la construction résidentielle ainsi que des critères C qui représentent les concentrations maximales permises pour des terrains à vocation commerciale ou industrielle. Enfin, les critères RESC, tirés du Règlement sur l'enfouissement des sols contaminés, représentent les concentrations maximales permises pour enfouir des sols contaminés dans un lieu d'enfouissement autorisé.

La DRSP considère que le respect des critères A est un objectif souhaitable pour un jardin potager, mais que des concentrations allant jusqu'aux critères B sont acceptables pour un tel usage, car ils protègent adéquatement la santé des consommateurs. Lorsque les sols d'un jardin communautaire étaient contaminés au-delà des critères B, la DRSP a évalué chaque situation individuellement. Pour ce faire, elle a alors estimé la contamination des légumes cultivés dans les sols contaminés à l'aide de calculs mathématiques, en tenant compte de la nature des contaminants et de la profondeur de cette contamination accessible aux racines des végétaux. Les niveaux de contamination estimés pour les légumes ont ensuite été comparés aux niveaux normalement mesurés dans les aliments disponibles sur le marché et, lorsque disponibles, aux concentrations maximales permises dans les aliments par les autorités gouvernementales.

Même dans les cas où des avis défavorables ont été émis, la DRSP considère qu’il est important que la vocation des jardins communautaires soit maintenue compte tenu des nombreux avantages qu’ils présentent au niveau de la santé, tels la pratique d'une activité en plein-air, la socialisation avec les autres citoyens du quartier, etc.

Or, depuis l'émission des avis de santé publique de la DRSP, des arrondissements et des jardiniers ont déjà apporté des correctifs à certains jardins communautaires, tels la décontamination des sols, la culture de légumes en bacs, la culture de fleurs ou plantes ornementales, etc. Les citoyens peuvent s’informer auprès de leur arrondissement afin de connaître les derniers changements apportés à ces jardins.

Les résultats de l'analyse des sols ont permis à la DRSP d'émettre des recommandations pour chacun des jardins de la Ville de Montréal. Ces recommandations sont illustrées à la figure ci-dessous et pouvaient être :

Recommandation 1 : La culture des légumes peut se poursuivre directement dans les sols des jardins et aucune action de réhabilitation des sols n'est requise (jardins indiqués en vert pâle).

Recommandation 2 : La culture des légumes peut se poursuivre directement dans les sols du jardin, mais des interventions de réhabilitation permettaient d'améliorer la qualité des sols à long terme (jardins indiqués en vert foncé).

Recommandation 3 : La culture des légumes peut se poursuivre directement dans les sols du jardin sauf dans une section où les sols sont trop contaminés (jardins indiqués en jaune).

Recommandation 4 : La culture des légumes n'est pas recommandée dans le jardin tant que les sols n'auront pas été réhabilités (jardins indiqués en rouge).

Les citoyens et les groupes communautaires qui souhaitent aménager de nouveaux jardins sur des terrains dont on ignore s’ils sont contaminés peuvent difficilement suivre la démarche de la Ville de Montréal, compte tenu des coûts importants pour mesurer les principaux contaminants : métaux, hydrocarbures pétroliers et hydrocarbures aromatiques polycycliques. Une autre avenue pourrait être envisagée afin de permettre la culture non commerciale de fruits et de légumes sur des terrains disponibles tout en s’assurant que ces végétaux ne poussent pas dans des sols contaminés. La DRSP a proposé une démarche pour aménager temporairement un jardin sur de tels terrains et l’a présenté dans un mémoire aux audiences de l’Office de consultation publique de Montréal (voir section Documentation).

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Éditée par : Santé publique.
Dernière mise à jour le : 2018.06.13