Santé Montréal

Information générale

La maladie de Lyme est à déclaration obligatoire (MADO) au Québec depuis le 19 novembre 2003. Cette maladie constitue un problème émergent depuis le début des années 2000 et en nette progression au Québec depuis 2011. De 2011 à 2016, le nombre de cas annuels est passé de 32 à 180 et la proportion de cas qui a contracté l'infection au Québec, de 16 % à 73 %. En guise de comparaison, le nombre de cas déclarés entre 2004 et 2010 variait de 2 à 14 et l'infection était contractée le plus souvent à l'extérieur de la province.

La grande majorité (54 %) des cas infectés au Québec en 2015 auraient contracté la maladie lors d’activités extérieures pratiquées en Estrie ou en Montérégie. Montréal est considéré comme une région à faible risque.

Transmission

La maladie de Lyme est causée par la bactérie Borrelia burgdorferi qui se transmet par la piqûre d’une tique infectée. Dans l’est du Canada et des États-Unis, plusieurs espèces de tiques existent. Toutefois, la seule espèce pouvant transmettre la maladie de Lyme est la tique Ixodes scapularis, aussi appelée « tique à pattes noires » ou « tique du chevreuil ». La tique se trouve dans les forêts, les boisés et les herbes hautes.

Trois stades cliniques plus ou moins juxtaposés ou entrecoupés de périodes de latence font généralement partie de l’histoire naturelle de la maladie de Lyme. L’évolution clinique est variable d’un individu à l’autre. Les manifestations cliniques peuvent être cutanées, musculo-squelettiques, neurologiques ou cardiaques.

Un temps de contact prolongé (en général au moins 48 heures) de la tique avec la peau est nécessaire à la transmission. Par conséquent, si on retire la tique moins de 24 heures suivant le moment où elle s'attache, le risque de maladie de Lyme est extrêmement faible. Par contre, la personne doit être informée de surveiller l'apparition de symptômes et de consulter son médecin le cas échéant.

Traitement

La maladie de Lyme est traitée à l’aide d’antibiotiques. Le traitement est indiqué dès que la personne exposée à une piqûre de tique infectée présente des symptômes. La nature et la durée du traitement dépendent du stade de l’infection et des atteintes cliniques. 

Au Québec, un traitement préventif peut être envisagé après une piqûre de tique survenue dans les territoires de la Haute-Yamaska et de la Pommeraie de la région de l'Estrie, lorsque les critères sont rencontrés. La prophylaxie n'est pas recommandée pour des expositions survenues ailleurs en Estrie ou au Québec.

Mesures de protection personnelle

  • Marcher de préférence dans les sentiers pour éviter les hautes herbes susceptibles d’héberger des tiques; 
  • Utiliser un répulsif efficace contre les tiques à base de DEET ou d'icaridine et suivre les instructions du fabriquant; 
  • Porter un chapeau, des souliers fermés et des vêtements longs aux couleurs pâles permettant de repérer plus facilement les tiques; 
  • Après une activité en forêt ou dans les hautes herbes, prendre une douche ou un bain et examiner minutieusement tout son corps, celui des enfants et celui des animaux domestiques; extraire rapidement (idéalement, en moins de 24 heures) et de façon appropriée, les tiques accrochées à la peau (voir le Feuillet d’information sur la maladie de Lyme pour connaître la méthode recommandée pour l’extraction de la tique); 
  • En cas de piqûre par une tique, appeler Info-Santé 811 ou consulter un médecin;
  • En cas de symptômes compatibles, consulter un médecin

Surveillance

La présence de populations de tiques Ixodes scapularis établies et infectées par B. burgorferi a été confirmée par la surveillance active (recherche active de tiques dans certains environnements) dans une grande partie de la Montérégie, le nord et l'ouest de l'Estrie et le sud-ouest de la région de la Mauricie-et-Centre-du-Québec. Par ailleurs, les données de surveillance passive (analyse des tiques prélevées sur des humains et des animaux) laissent croire que les tiques sont présentes dans plusieurs autres régions au Québec. Les tiques adventices, c’est à dire celles transportées par les oiseaux, peuvent se retrouver dans n’importe quelle région.

L’analyse de la tique sert à des fins de surveillance uniquement et non à des fins de diagnostic et de traitement.

États-Unis

Aux États-Unis, la maladie de Lyme est à déclaration obligatoire depuis 1990. L’incidence rapportée est en augmentation depuis son émergence à la fin des années 1970, de 10 000 cas en 1992 à plus de 30 000 cas déclarés en 2014. Quatorze états du nord-est et du centre-nord des États-Unis comptent près de 95 % de tous les cas rapportés.

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Éditée par : Santé publique.
Dernière mise à jour le : 2018.06.13