Santé Montréal

Information générale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le tiers de la population mondiale est infectée par le microorganisme responsable de la tuberculose, le Mycobacterium tuberculosis. En 2016, le nombre annuel de nouveaux cas s’élevait à 10,4 millions à travers le monde et le nombre de décès se chiffrait à 1,7 million. Au Canada, cette même année, 1 737 nouveaux cas de tuberculose ont été déclarés pour un taux d’incidence global de 4,8 pour 100 000 habitants et au Québec, le taux d’incidence s’est maintenu à 3 cas pour 100 000 habitants alors que le nombre de cas se chiffrait  à 250 cas. 

Ces chiffres rassurants peuvent nous cacher une réalité moins reluisante. La tuberculose frappe malheureusement de façon importante les couches de la population les plus vulnérables. Les personnes immigrantes en provenance de pays où la tuberculose fait encore beaucoup de ravages, les personnes itinérantes, les personnes aux prises avec le VIH et les autochtones sont particulièrement touchées par la maladie.  Des conditions de vie précaires peuvent amener un retard dans le diagnostic, favorisant la transmission de l’infection à l’entourage.

Depuis plusieurs années, le Québec accueille annuellement 45 000 immigrants. Environ 90 % de ces immigrants demandent la résidence permanente au Canada, à partir de leur pays d’origine. Une très forte proportion de ces nouveaux arrivants est originaire de régions où les taux d’incidence de la tuberculose sont élevés. Comme on estime qu’au moins le tiers d’entre eux sont infectés, la population de porteurs de l’infection tuberculeuse latente s’accroît à chaque année. Or, comme le risque annuel de progression d’une infection tuberculeuse latente vers une tuberculose active est d’au moins 0,1 %, il est donc envisageable que les tendances des dernières années puissent se renverser et le nombre de cas augmenter.

Enfin, depuis 2003, une éclosion de tuberculose évolue à bas bruit dans la région métropolitaine de Montréal. En février 2016, on dénombrait 35 cas appartenant à cette éclosion: 29 confirmés présentaient un même génotype et 6 avaient un lien épidémiologique avec une personne ayant ce génotype. Vingt-et-un cas résidaient à Montréal, 12 en Montérégie et 2 à Laval. Des 35 cas, 28 cas partageaient un ou plusieurs facteurs de risque de marginalisation que sont l’alcoolisme, la toxicomanie, la fréquentation de piqueries, la prostitution, l’itinérance, des antécédents d’incarcération ou une coinfection par le VIH et/ou par le VHC. La transmission semble principalement liée à la fréquentation de divers lieux de consommation de drogues sur le territoire montréalais.

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Éditée par : Santé publique.
Dernière mise à jour le : 2018.09.17